Inceste : pourquoi la honte n’est jamais la vôtre

La honte est souvent l’un des sentiments les plus lourds à porter après un inceste.
Elle s’installe silencieusement, parfois dès l’enfance, parfois bien plus tard, sans prévenir.
Et pourtant, il est essentiel de le dire clairement, dès le départ :
la honte n’appartient jamais à la personne qui a subi l’inceste.

Si tu ressens cette honte aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il y a quelque chose de mauvais en toi.
C’est parce que ton système a dû survivre dans une situation profondément anormale.

Quand la honte s’installe sans bruit

Dans l’inceste, la honte ne naît pas d’un acte que l’on aurait commis.
Elle naît d’un renversement des responsabilités.
L’enfant – ou l’adulte vulnérable – se retrouve pris dans une situation où :

  • les repères sont brouillés
  • la parole est impossible ou dangereuse
  • l’autorité est du côté de l’agresseur

Pour survivre, le psychisme cherche une explication.
Et bien souvent, la seule possible est intérieure :

« Si cela m’arrive, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. »

Cette croyance n’est pas une vérité.
C’est une stratégie de survie.

La honte comme mécanisme de protection

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la honte peut être un moyen de tenir debout.

Chez l’enfant notamment, reconnaître que l’adulte est dangereux serait trop insécurisant.
Alors le corps et l’esprit préfèrent croire que :

  • c’est de leur faute
  • ils auraient dû faire autrement
  • ils sont responsables de ce qui se passe

Cette honte permet de maintenir une forme de lien, parfois même une illusion de contrôle.
Mais elle laisse des traces profondes, longtemps après.

Pourquoi la honte n’est jamais légitime

Il est important de rappeler quelques vérités simples, même si elles mettent du temps à s’intégrer :

  • un enfant ne peut jamais consentir à une relation sexuelle,
  • la responsabilité incombe toujours à l’adulte ou à la personne en position de pouvoir,
  • la sidération, le silence, la confusion sont des réactions normales face au trauma.

La honte que tu portes aujourd’hui est le reflet de la violence subie, pas de qui tu es.

Quand la honte empêche de parler

La honte isole.
Elle donne l’impression d’être différent, abîmé, indigne d’être entendu.
C’est souvent elle qui empêche :

  • de mettre des mots,
  • de demander de l’aide,
  • de se sentir légitime dans sa souffrance.

Beaucoup de personnes attendent des années avant de reconnaître ce qu’elles ont vécu.
Ce temps n’est pas une faiblesse.
C’est le rythme qu’il a fallu pour survivre.

Commencer à déplacer la honte

Il n’est pas nécessaire de « se débarrasser » de la honte d’un coup.
Mais il est possible, doucement, de commencer à la regarder autrement.

Par exemple en se disant :

  • « Cette honte a été une protection »
  • « Elle n’est pas une preuve contre moi »
  • « Je peux avancer sans me faire violence »

Chaque prise de conscience, même minuscule, ouvre un espace intérieur plus respirable.

Un mot pour terminer

Si cet article résonne en toi, sache ceci :
tu n’as rien à prouver, rien à justifier, rien à réparer pour être digne.

La honte peut se transformer.
À ton rythme.
Avec douceur.
Et toujours dans le respect de ce que tu as traversé.

La guérison n’est pas un oubli.
C’est souvent un déplacement progressif de ce qui n’a jamais été à ta place.

 Conclusion – Présence et accompagnement

Si ces mots ont résonné pour toi, sache que tu n’es pas seule.
Je suis là, sous différentes formes pour offrir un espace de présence, d’écoute et de cheminement.

Il n’y a rien à précipiter.
Simplement la possibilité d’avancer, à ton rythme, dans un cadre respectueux et bienveillant.

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