Résilience ou croissance post-traumatique : comprendre la différence, sans se faire violence

Après un traumatisme, de nombreux mots circulent : résilience, guérison, reconstruction, croissance…
Ces termes peuvent parfois rassurer, mais aussi troubler, voire blesser, lorsqu’on ne sait pas exactement ce qu’ils recouvrent.

Cet article a pour intention de clarifier, en douceur, la différence entre résilience et croissance post-traumatique, afin que chacun puisse se situer librement, sans pression ni attente.

 

Après un traumatisme, il n’y a pas une seule bonne façon d’avancer

Lorsqu’on a vécu un événement traumatique — et tout particulièrement un traumatisme complexe comme l’inceste ou l’abus — la première réalité est souvent la survie.

Survivre peut déjà demander énormément d’énergie :

  • tenir au quotidien
  • composer avec les symptômes
  • gérer la honte, la peur, la confusion
  • continuer à vivre, parfois en mode automatique

Il est essentiel de le dire clairement :
il n’y a aucune obligation d’aller bien, ni de “transformer” quoi que ce soit.

 

La résilience : continuer malgré tout

La résilience est souvent définie comme la capacité à :

  • résister au choc
  • s’adapter
  • continuer à avancer malgré l’épreuve

Elle permet de :

  • retrouver un certain équilibre
  • reprendre une vie fonctionnelle
  • tenir debout, parfois coûte que coûte

Pour beaucoup de personnes, la résilience est une nécessité vitale. Elle permet de traverser, de protéger ce qui peut l’être, de ne pas s’effondrer complètement.

Et cela, en soi, est déjà immense.

 

Les limites parfois invisibles de la résilience

Cependant, la résilience peut aussi avoir un revers.

Certaines personnes :

  • tiennent, mais au prix d’une grande tension intérieure
  • avancent, mais sans vraiment se sentir vivantes
  • fonctionnent, mais restent coupées d’elles-mêmes

La résilience peut parfois ressembler à une armure utile pour survivre, mais lourde à porter sur le long terme.

C’est souvent à cet endroit-là qu’une autre notion peut apparaître — si le moment est juste.

 

La croissance post-traumatique : de quoi parle-t-on vraiment ?

La croissance post-traumatique ne signifie pas que le traumatisme aurait été “nécessaire” ou “bénéfique”.
Elle ne valorise pas la souffrance.
Elle ne nie pas les blessures.

Elle désigne un processus possible, par lequel certaines personnes, avec du temps et du soutien, développent :

  • une relation différente à elles-mêmes
  • une vision du monde plus consciente
  • des valeurs plus alignées
  • une solidité intérieure nouvelle

Cette croissance ne vient pas du traumatisme,
mais du travail intérieur engagé pour s’adapter à une réalité bouleversée.

Ce que la croissance post-traumatique n’est pas

Il est important de poser des repères clairs.

La croissance post-traumatique :

❌ n’est pas une injonction

❌ n’est pas une obligation

❌ n’est pas un objectif à atteindre

❌ n’est pas un signe de réussite personnelle

Certaines personnes n’y accéderont jamais.
D’autres y accéderont bien plus tard.
Et d’autres encore n’en ressentiront pas le besoin.

Toutes ces trajectoires sont légitimes.

 

Résilience et croissance : deux chemins, pas une hiérarchie

La résilience et la croissance post-traumatique ne s’opposent pas.
Elles ne se hiérarchisent pas.

On peut :

  • être résilient sans vivre de croissance
  • être résilient longtemps avant qu’une croissance n’émerge
  • osciller entre les deux à différents moments de la vie

La croissance post-traumatique n’est jamais un remplacement de la résilience.
Elle peut en être une évolution possible, lorsque les conditions intérieures et extérieures le permettent.

 

Le rôle essentiel de la sécurité et de l’accompagnement

Aucune croissance n’est possible dans l’insécurité.

Pour qu’un mouvement de transformation puisse émerger, il est souvent nécessaire :

  • de réguler le système nerveux
  • de se sentir cru, entendu, reconnu
  • d’être accompagné avec respect
  • de ne jamais être forcé

La croissance post-traumatique n’apparaît pas sous la contrainte.
Elle naît dans un espace suffisamment sûr pour que la personne puisse, un jour, se rencontrer autrement.

 

Se laisser la liberté de ne rien décider

Peut-être que ces mots résonnent.
Peut-être pas.
Peut-être que ce n’est pas le moment.

Et c’est très bien ainsi.

Il n’y a rien à choisir.
Rien à réussir.
Rien à devenir.

Simplement la possibilité de comprendre, de déposer, et parfois, plus tard, d’ouvrir un autre regard sur soi et sur la vie.

 

 

Dans un prochain article, nous explorerons comment la croissance post-traumatique peut être accompagnée, lorsqu’elle émerge, et ce qui la rend possible sans jamais se faire violence.

Si tu en ressens l’élan, je suis là, sous différentes formes existantes pour offrir un espace de présence, d’écoute et de cheminement, toujours dans le respect de ton rythme.

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