Après un abus sexuel, beaucoup de personnes se demandent, parfois pendant des années :
« Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ? »
« Pourquoi je n’y arrive pas ? »
« Qu’est-ce qui cloche chez moi ? »
Ces questions peuvent devenir lourdes à porter.
Et pourtant, il est essentiel de le dire clairement dès le départ :
le silence après un abus sexuel est une réaction fréquente, compréhensible et profondément humaine.
Il ne dit rien d’un manque de courage.
Il parle avant tout d’un système qui a cherché à se protéger.
Le silence n’est pas un échec, mais souvent une protection
Dans les suites d’un abus sexuel — et plus encore lorsqu’il s’agit d’inceste ou de violences répétées — parler n’est pas toujours possible.
Le corps et le psychisme peuvent mettre en place le silence comme une stratégie de survie :
- pour éviter un danger supplémentaire
- pour préserver un équilibre déjà fragile
- pour continuer à vivre, coûte que coûte
Ce silence n’est pas un choix conscient.
Il est souvent une réponse automatique, destinée à limiter la douleur.
Quand les mots ne sont pas accessibles
Après un traumatisme sexuel, plusieurs mécanismes peuvent rendre la parole difficile :
- la sidération, qui empêche toute mise en mots
- la dissociation, qui coupe de l’événement ou des émotions
- la honte et la culpabilité, qui enferment
- la peur de ne pas être cru
- la peur de faire exploser l’équilibre familial ou relationnel
Dans ces conditions, ne pas parler est parfois la seule manière de tenir.
Le poids des injonctions à parler
Dans notre société, on entend souvent que :
- « parler libère »
- « il faut sortir le trauma »
- « le silence empêche de guérir »
Ces messages, même bien intentionnés, peuvent devenir violents lorsqu’ils sont appliqués sans nuance.
Pour certaines personnes, parler trop tôt — ou sous pression — peut être retraumatisant.
La parole n’est réparatrice que lorsqu’elle est :
- choisie
- contenue
- accueillie sans jugement
Le bon moment n’est pas le même pour chacun
Il n’existe pas de délai « normal » pour parler d’un abus sexuel.
Certaines personnes mettent quelques jours.
D’autres des années.
D’autres encore ne parleront jamais de manière verbale — et ce choix mérite aussi le respect.
Le bon moment est celui où :
- un minimum de sécurité intérieure est présent
- l’environnement est suffisamment soutenant
- la personne sent qu’elle ne sera ni minimisée, ni forcée
Parler n’est pas la seule voie de réparation
Mettre des mots est une possibilité, pas une obligation.
Pour certaines personnes, la réparation passe par :
- le corps
- l’écriture
- la créativité
- le silence partagé
- un accompagnement non verbal
- ou simplement le fait d’être cru, sans avoir à tout raconter
La guérison ne se mesure pas à la quantité de mots prononcés.
Quand la parole devient possible
Parfois, la parole émerge doucement, presque malgré soi.
Parfois, elle arrive par fragments.
Parfois, elle reste intérieure.
Lorsqu’elle se présente, elle a besoin d’un cadre :
- sécurisant
- respectueux
- sans attentes
Des phrases simples peuvent alors avoir une portée immense :
« Je te crois. »
« Tu n’y es pour rien. »
Un mot pour terminer
Si parler te semble impossible aujourd’hui, sache ceci :
tu n’es ni en retard, ni bloquée, ni défaillante.
Ton silence a peut-être été — ou est encore — ce qui t’a permis de survivre.
Et cela mérite du respect.
La parole, si elle vient un jour, viendra quand ce sera juste.
Et si elle ne vient pas, d’autres chemins restent possibles.
Conclusion – Présence et accompagnement
Si ces mots résonnent pour toi, je veux simplement te dire ceci : je suis là.
À travers des espaces déjà existants — et d’autres à venir — j’offre une présence, une écoute et un accompagnement respectueux de ton rythme.
Il n’y a rien à forcer.
Seulement la possibilité d’avancer, à ton pas, dans un cadre bienveillant et sécurisant.
Choisissez l’accompagnement énergétique qui vous convient :
– des rendez-vous individuels par zoom ou téléphone
– des rencontres collectives
– un soin énergétique audio pour un travail en profondeur sur la culpabilité
